À la poursuite de la Marie-Cordelière

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© Musée des Beaux-Arts de Brest 

La Cordelière, aussi connue sous le nom de Marie-Cordelière, fut construite sur ordre de la duchesse Anne de Bretagne. Cette nef, dont certains historiens avancent qu’elle aurait jaugé quelque 700 tonneaux, pour une quarantaine de mètres de longueur et une douzaine de mètres de largeur, aurait embarqué jusqu’à mille hommes, et quelque 200 pièces d’artillerie de calibres divers. Ce navire lancé en 1498 aux chantiers de Nicolas Coëtanlem, au Dourduff, est passé à la postérité comme l’un des plus importants de la flotte bretonne, conduisant notamment une expédition d’une quinzaine de nefs en Méditerranée et prenant part à la campagne visant à reprendre Mytilène aux Turcs en 1504.

À partir de 1508, le navire est commandé par Hervé de Portzmoguer, un corsaire léonard de redoutable réputation, auquel les affaires sourient en ces temps où les frontières entre le commerce, la piraterie et le service du roi n’étaient pas toujours d’une netteté absolue. En 1511, la Sainte-Ligue, sous l’égide du pape Jules II, rassemble les principales puissances européennes face à la France, à la Bretagne et à leur alliée principale, l’Écosse. Le 10 août 1512, la flotte anglaise surprend les navires français et bretons réunis au mouillage en rade de Brest. Au terme d’un combat terrible, la Marie-Cordelière explose et sombre en même temps que le Regent, fleuron de la flotte anglaise, avec lequel elle combattait bord à bord.

Afin de retrouver les épaves de ces deux navires, la Région Bretagne et le Département de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), qui dépend du ministère de la Culture, s’associent pour un programme de deux ans de recherches, rassemblant scientifiques et archéologues venus de différents organismes et laboratoires universitaires.

On espère en savoir davantage sur les méthodes de construction navale et sur l’artillerie embarquée de cette époque, mais aussi sur les mobiliers de bord, objets personnels et accastillage des navires au cours des règnes de la duchesse Anne et du roi d’Angleterre Henri VIII.

Les fouilles, dans les deux années à venir, porteront sur des fonds qui n’ont jamais été explorés : L’André-Malraux, navire scientifique du DRASSM, se concentrera dans un premier temps, en juin prochain, sur une zone de 25 kilomètres carrés située non loin de l’entrée du goulet de Brest, pour une campagne de trois à quatre semaines.

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