Par Romain Laurendeau - Près de Rufisque, à l’Est de Dakar, sur un ancien marécage coincé entre la plage et l’une des plus grandes cimenteries d’Afrique de l’Ouest, des femmes achètent du poisson frais, qu’elles transforment pour le conserver, avant de le revendre. Elles perpétuent une tradition très ancienne. Chefs d’entreprise dont les produits se retrouvent partout au Sénégal et dans les pays voisins, elles sont aussi des mères sur lesquelles repose, le plus souvent, l’économie de toute une famille. Dans ce pays où le poisson est la principale source de protéines animales, leur rôle est essentiel et elles bénéficient d’une considération certaine au sein de la population. Depuis quelques années, elles subissent cependant la baisse des débarquements de poissons pélagiques et la concurrence d’une dizaine d’usines coréennes qui convoitent aussi cette matière première pour fabriquer de la farine animale, destinée à l’exportation.