un reportage de Gaël Guichard et Laurent Weyl - En 1996, six cents pêcheurs regroupés en coopératives ont accepté d’être « formés » par une ONG danoise, la Société pour une mer vivante. Les Danois ont appris aux habitants des rives de l’Aral que l’hiver n’était pas une saison morte, qu’il suffisait de creuser la glace et de savoir comment et où poser les filets pour dénicher le kambala, un poisson plat introduit dans les années soixante-dix par les autorités soviétiques afin de lutter contre la mort lente de la pêche industrielle. Aujourd’hui, cette espèce qui a longtemps symbolisé le déclin de la mer intérieure permet la renaissance des villages côtiers. « Personne ne capturait, ni ne mangeait ce poisson plat, raconte un pêcheur. Il faisait même un peu peur avec son dos noir, son ventre blanc et ses deux yeux du même côté. Les Danois nous ont même appris des recettes pour le cuisiner. Mais bon, c’est plein d’arêtes et y a pas grand-chose à manger dessus, ça ne vaudra jamais une carpe ou un sandre. »