Michel BELLION
Economiste et militant du patrimoine maritime
son témoignage :
Ayant barboté très tôt dans les chalands et plates ostréïcoles, à la Pointe de Menezig en l'Ile d'Arz ( Morbihan) et occasionnellement sur les deux derniers Sinagots encore armés à la pêche (celui de Patern RICHARD et celui des frères CADEROT) puis sur les bateaux de plaisance familiaux: le COLIBRI (plate à dérive construite par Etienne Riguidel, puis le MENEZIG, cotre marconi de DERVIN construit en 1951 à Sartrouville...) je dois dire que mon intérêt maritime fut d'abord lié aux bateaux eux-mêmes plus qu'à la mer et aux marins.
Le pouvoir d'évocation particulier qu'ils exerçaient en effet sur moi (et de manière analogue chez mon frère jumeau...) était de pouvoir... sortir du Golfe... et affronter les eaux plus tumultueuses du grand large... La taille importait donc à l'échelle de l' enfant que j'étais..., la puissance de l'étrave, l'echantillonnage des bites d'amarrage ou des taquets..., la profondeur du gouvernail..., c'était cela qui alimentait mon imagination, notre imagination.
Les récits de régates qu'en outre nous faisait notre mère, ajoutait une curiosité supplémentaire à ces bateaux disparus de notre famille, à la fois plus fins dans leurs lignes, très toilés... A cela s'ajoutaient les evocations des raffinements associés du Yachting d'avant-guerre à la Trinité/Mer où elle passait ses vacances et qui rendaient ces bateaux-là et leurs équipages quasi mythiques !
Dans les toutes premières années 80, je ne sais plus trop, j'ai ainsi découvert le " Petit Perroquet" qui me replongeait dans ce rêve d'enfant. J'y découvrais enfin un texte sur les choses de la mer, exigeant, les dessins rigoureux, les photos adequates..., j'étais heureux, comme si quelqu'un ENFIN...semblait penser et rêver comme nous des choses de la mer...!
Le Chasse-Marée a suivi, dans une présentation toujours aussi rutilante qu'un yacht remis à l'eau à Pâques, le liseret et la cravate finis au pinceau fin...!
Chaque mois ou presque j'en guette l'arrivée dans les Kiosques à journeaux et singulièrement, depuis plus de 20 ans je préfère pour des raisons quasiment rituelles l'acheter plutôt que de m'y abonner.Il est encore plus beau.!
Pour l'anecdote enfin, je dispose d'un exemplaire sans doute unique (numero 7 ou 8) dont la couverture a été accidentellement inversée avec la photo de la troisième page.
Alors longue vie au Chasse-Marée qui sera d'autant assurée qu'elle saura, comme nous l'espérons tous, garder la même exigeance dans sa forme comme dans son fond...!
Merci
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