L'Annick, cotre du DibenJean-René Lamanda
La pêche aux casiers
La pêche au mulet
Fin des années cinquante, début des années soixante. Cet été là,
cinquante à soixante bateaux sont au manillage sur corps-morts dans la
rivière, au milieu de l'anse de Primel. Tous semblables, exceptés sept
ou huit, les plus gros, de 12 à 15 mètres parfois, équipés d'une petite
timonerie, ce sont les palangriers et langoustiers. Les autres sont de
type côtre de la baie, ils se différencient par leurs tailles de 5 à 9
mètres et par la couleur de leurs coques, mais pratiquent le même
métier :
Sauf deux repérables à leurs bout-dehors, un espars qui dépasse sur
l'avant et l'arrière et sur lequel est remisé un filet. Coques bleues,
rehaussées d'un liston blanc pour l'un, ce sont la Tantine et le Rhum
Predou. Ces deux bateaux servent à une pêche peu commune , les mulets.
La pêche aux casiers
En 1963, pour me payer une mobylette, j'ai embarqué tout un été sur le
Scuber Mor, un bateau d’environ 9 mètres de long, ponté mais sans
timonerie. Avec Claude Bihan, son patron, et Lucien Brest, on
appareillait chaque matin vers 3 - 4 heures après avoir récupéré dans
les réfrigérateurs du mareyeur notre stock de chinchards ou de grondins
congelés.
La récolte du goëmonLa récolte du goémon est une industrie abandonnée dans notre port depuis l'apparition des engrais chimiques et lorsque je vois ces superbes algues restant sur la grève sans être utilisées, j'éprouve une certaine tristesse. Autrefois, la coupe du goémon était permise durant le mois de mai mais elle répondait à certaines règles. Récolte autorisée uniquement pour les habitants de la commune, on ne pouvait y employer plus de cinq personnes. On devait attendre le lever du soleil pour entamer le travail et de même, il ne fallait pas s’aviser de commencer avant ou de finir après la période légale. Toute entorse était passible d’une amende et le garde-côte faisait bien son métier. Les pêcheurs ne possédaient pas de charrettes. Ils partaient en canot dans les petits îlots et grâce à de nombreuses cordes superposées amarraient leurs prises superbes en un énorme paquet de goémon luisant fait de longues laminaires frisées, marron ou dorées, qu'ils traînaient dans la mer avec la remorque du canot jusqu’à la rive, à la marée montante. On voyait alors une lueur de convoitise dans les yeux des paysans qui avaient dû se contenter d'une qualité inférieure qui aurait moins de valeur quand viendraient les marchands, les "riches Léonards" bien habillés, leurs chaînes en argent retenant la montre au gousset ! Avant cela il avait fallu sécher le goémon sur les galets et les dunes, ce qui était l’opération la plus délicate. S'il était trop sec, sans apparence de moisissure, on n'obtenait pas le prix fort. Les marchands avisés circulaient parmi tous ces tas préparés avec soin, que chacun avait aligné sur le bord de la route et qu'il fallait encore ensuite recharger sur des camions ou sur des bateaux. Après de durs marchandages, lorsque chacun s’était mis d'accord et que l'on était satisfait de part et d'autre, on refaisait des affaires l'année suivante. Le travail était très rude. Avec de petites faucilles bien aiguisées on coupait les algues et on transportait ensuite les charges sur une civière. Il fallait mettre les bouchées doubles car pour les amarrer on était dans l’eau jusqu’à mi-corps. Une fois le travail fini, on s’asseyait dans le canot et aucune table de restaurant n’aurait remplacé, pour nous, le plaisir de déguster le pain frais, le lard fumé, les andouilles et les crêpes enveloppées dans une grande nappe en toile par la maîtresse de maison, restée seule pour préparer notre retour. Le mois de mai nous dispensait un beau soleil qui nous dorait la peau. Nul besoin d'ambre solaire et nous éprouvions de la joie de vivre. Oubliant notre fatigue et devisant gaiement d'une barque à l'autre, les filles admiraient la dextérité des jeunes matelots à leurs manœuvres et si par hasard des sourires s'accrochaient, on était sûr de se retrouver le dimanche suivant à la salle de danse. La jeunesse s'y rendait par bandes, habillée selon la mode du temps. Les gars de mer étaient superbes, bien moulés dans leurs chandails bleu marine, leurs casquettes à visières agrémentées de ganses armoriées. J'étais joyeuse d'être choisie par l'un d'entre eux et d'être sa cavalière et de danser valses, polka, mazurka etc. On tourbillonnait sans se bousculer, valsant à perdre haleine et oubliant toutes nos fatigues. Jeannie Quiguer
L'Anse de PrimelLa pointe rocheuse de Primel forme dans l’Est, presque sur le même parallèle, le pendant de la pointe de Bloscon à Roscoff. La pointe de Primel sépare la baie de Lannion de l’estuaire de la rivière de Morlaix. Cette anse est délimitée côté Est par la pointe de Pen ar Hastel dont l'éperon rocheux culmine à 48 mètres. Elle est débordée dans le Nord-Est par un plateau de roches connues sous le nom de Chaises de Primel, dont plusieurs ne couvrent jamais. La baie de Primel, sablonneuse et flanquée de quelques plages de galets est semée de roches. L’étude de 1895 pour l’implantation de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés écrira que Perros Primel, situé en fond de baie sur la commune de Plougasnou, constitue un “excellent port de pêche où s’abritent vingt-quatre bateaux, montés par cinq ou six hommes”. Mais le ressac y est considérable et l’entrée souvent barrée par les brisants que forme la houle du large sur les roches de l’entrée. Ce site atteste de la présence humaine depuis le mésolithique (-8 000 à -6 000 avant J.-C.) par la présence de vestige de remparts et de sépultures gauloises. Au Moyen âge, il y avait un poste de guet, une batterie au XVIIe siècle, une forteresse que fit raser Richelieu. La place fut visitée et occupée du IXe au XVIe siècle par les Vikings, les Anglais, les Espagnols, les ligueurs et choisie comme place forte à la Seconde Guerre mondiale. Le village se trouvant sur la bande de sable fermant cette presqu'île se nomme Trégastel (trêve du château). Le terme Primel, venant compléter le nom, le distingue de son homonyme costarmoricain. Cette place fut tour à tour repère de pirates ou de corsaires, comme le Sieur de Tromelin qui fit construire un petit manoir au fond de l'anse et décors pour les romanciers comme Gustave Toudanze qui, dans Reine en Sabots, fait courir ses héros dans ses roches et landes et s’abriter leur cotre flibustier, le Pen baz, entre deux courses sus aux Anglais. La pointe du Diben, dite la pointe de la décapitation A l'Ouest, un autre éperon rocheux moins élevé mais tout aussi découpé fait face, la pointe du Diben, dite aussi de la décapitation. Diben signifie en breton sans tête, tête coupée. Son extrémité est séparée de la côte par un cordon de galets. Il paraît qu’après un raid sur la ville de Morlaix, des Anglais auraient supplicié leurs prisonniers de cette façon. La dénomination d'origine du village se trouvant sur cette rive était Perros dit Primel Perros pour le distinguer lui aussi de son homologue costarmoricain. Le Diben n'est que le quartier situé au plus près de la pointe. Cette dénomination est toujours utilisée par les plus anciens. Une rivalité de chauffeur d’autocar assurant la ligne de Morlaix à Plougasnou, pour différencier leur tête de ligne, fera que l'un d’entre eux la baptisera Diben, pour éviter la confusion des deux Primel. Les géographes ont repris ces appellations et les panneaux de la DDE on fait le reste. Il est indéniable que depuis des temps immémoriaux le site a été préservé, l'urbanisme en est diffus, en cinq décennies un quai a été construit à la pointe Ouest, les grands viviers se sont agrandis comblant le petit bassin du Beg Aelig si cher à notre enfance. Deux mareyeurs ont installé leurs locaux près du nouveau port. Mais les bateaux de pêche, moins nombreux, sont toujours au mouillage au milieu de l'anse de Primel, et il faut savoir utiliser une annexe pour y accéder. Le spectacle de ce petit port, assujetti au flux et reflux, est changeant et identique à celui des siècles précédents. Mais demain qu'en sera-t-il ? Plougasnou se trouve au sein d'une communauté de communes dominée par Morlaix et il y a une forte demande pour y établir un port en eau profonde et sur pontons. Jean-René Lamanda
Le Tour des grèvesJe voudrais faire revivre le passé où, avec mon mari, je sillonnais les grèves de notre région que nous connaissions parfaitement, à partir de l'île Stéreg en Plouézoch jusqu'à la pointe de Locquirec, en passant par Saint-Jean-du-Doigt, le Pen ar Hastel, le Diben, Porz Guen et Térénez. Mon mari pratiquait dans sa jeunesse la pêche aux encornets (qui servaient précieusement de boette aux palangriers), presque toujours la nuit, et il était souvent obligé de trouver refuge derrière un rocher quelconque. Il connaissait toutes les roches à basse mer par leurs noms. J'en ai retenu beaucoup dans ma mémoire depuis ce temps où il me les citait au cours d'une sortie de pêche d'un endroit à l'autre. L'île Stéreg est à l'avant-garde de l'entrée de la baie de Morlaix. On revenait vers Pérohen, Barnénez, et son célèbre tumulus pas encore découvert, pour trouver la “petite grève” qui est tout au fond de l'anse de Térénez. Située après la grève de Saint-Gonvern, où l'on se rendait autrefois pour baigner dans la fontaine les yeux malades des enfants, cette anse renferme un petit port abritant des bateaux de pêche et de plaisance. Je me souviens aussi de la grève de Traon an Azen, insolite dans les broussailles, et des bateaux pilotes des familles Noan et Rédou peints en noir qui conféraient une note sévère dans cet endroit ensoleillé et fort en couleurs. Allons vers Pen an Dour, la grève du Cosquer, ensuite Tréourbien avant d'arriver au Ford et à la grève du Dilouzou. On arrive à Saint-Samson, sa belle plage de sable blanc fréquentée par les petits colons venus de tous les coins de France ! Les roches du Dager, propices à la crevette et au large desquelles on aperçoit les îlots de Roch Velen. On laisse le Trouvier, avec son rocher en équilibre, pour trouver l’anse du Guerzit, un endroit idéal pour la pêche aux ormeaux ainsi qu’aux crevettes, ces bouquets superbes que l’on cueillait à la marée montante dans nos haveneaux. Le Goarem Gagen, “Men Glenn”, où l’on entrait dans l’eau jusqu’à mi-corps et où l’on ramassait l’ormeau les yeux dans l’eau comme des pêcheurs de perles. Aux grandes marées, il y avait plein de moules facilement accessibles. Goajou en Eyès, ar Vesclek Vras. Au large le Gourlez Donn, Porz Bénitik, Toul ar Piz Rouz, avec ses énormes galets ronds qu'il fallait contourner à tâtons pour y sentir sous la main l'ormeau beaucoup plus gros à cet endroit ! Ainsi que les oursins que l'on transportait sur le dos à plusieurs kilomètres, devenus très rares après la marée noire. Roc'h Morgan, Roch Molonnic'h, Parc ar Messire, Toul ar Porz Guen, "Enez ar Pors Guen" Goajou Rosko, ar Vahommeg "Toul trez ar Lavannec", ar Histilligou où les pêcheurs avertis, parmi lesquels figurait mon mari, pêchaient de belles vieilles avec leurs écailles brillantes et multicolores que l'on cuisait dans le chaudron sur le trépied baignant dans le beurre et l'oignon frits, quel régal ! “Toullic an dindaonn”, le majestueux rocher du Lion ou Sfinc “aot ar funtunn nèvez” au large le Bleiz Gourléou Louarn “Ar Garrce Rond” Ar men Plat “Toul ar Hével ar Sammèguez” Beg an Diben. Ces endroits étaient notre providence durant les années de guerre ces rochers nous fournissaient notre pain quotidien avec tous ces fruits de mer qu'ils recélaient dans le port du Diben ou passe ar Valiz “Balise” Roch Kann, Roch Talon “Toul Barba” Roch Tellès, Men Poudou Roch an Trez Vras “Roch Illioec”, “Porz Louarn” Aot Pen ar Prat “Porz Corven” Rhun Prédou “Ar Garrec Rond” Ar Garrec Rouz “ArVra Vraz” Roch Kann “Toul Colas” Poul ar Yéot “Toul ar Mouléguet”, “Roch an Très Vian” ar Rhuniou Pen ar Hastell “Goas ar Hali” Roch Vran Ganol Vraz Ar Ben Huel “Huel” Ar hanoliou stoup Bronnou Kiger “Pont énez ar Hastel”, “Ar Blohed”, “Garrec an Ti”, Men Ruyen “Garrec Jérom”, “An Enez ar Hastell”, An Tilven a Jouar, “An tilven a vez”, Roch Houilinn “Men ar Hreiz” Ar Hadrou Touz Bêlek “Toul Lito” Ar vaguérez “Beg rhun Doué” Roch Glaz “Toul ar Gall” Toul Jeannetton Toul barba “Roch Loued”, “Roch Vi” Aot Buors An Neubeul Enez Conserr “Aot ar Ruffelic” ar Véglem Aot Plougasnou, Toul Perrin Roch Lédan Ar Gribinn, Aot ar guer vari, Aot Kerdren, ar Prafou Poul Rodou, “Beg an Pri” An Hara” an enfem Posténan, Mélin an Aot, Ar mein Du Locquirec. J'ai eu toute la vie sous les yeux le même horizon et mon regard est attiré vers tous les endroits l'un après l'autre. Rochers battus par les tempêtes, recouverts par la houle, sortants grandis quand revient le calme. Jeannie Quiguer Régates en 1926Les régates du Diben Primel étaient toujours annoncées pour le mois d'août, selon les coefficients de marées. Les organisateurs avaient choisi le Rhun Predou pour plan d’eau et de la côte on voyait évoluer les bateaux en course, presque toujours parés de leurs voilures rouges, leurs coques peintes en noir ou en gris avec le liston rouge ou blanc, ainsi que leur nom et leur numéro de matricule. Parmi les régatiers il y avait Jouet des flots, Ecume de mer, ou encore le Saint Joseph. Ils devaient contourner Les Trépieds, (Les Trébés), les Kadorou “Les chaises”, les Méloâmes et Véleven. Nul n'avait le droit d'utiliser les moteurs qui venaient de faire leur apparition (les 10 ch) sous peine d’être disqualifiés. Les touristes étaient nombreux et l'on venait d'ailleurs de loin pour voir cette belle fête nautique. Nous avons même eu l'honneur de recevoir l'amiral "Guépratte", héros de la Première Guerre mondiale. Il était d'une grande courtoisie et il aimait la mer et les marins. Deux de mes amies et moi avions été réquisitionnées pour effectuer une quête au profit des familles des péris en mer. Nos cornettes et nos beaux châles brodés nous avaient valu la sympathie des estivants et surtout leur générosité. Une coupe de champagne offerte par les organisateurs en compagnie de “notre” amiral nous avait rendues très fières d'avoir participé à cette belle journée dont je garde un souvenir si agréable. Un bal avait clôturé la fête mêlant jeunes et vieux, qui avaient retrouvé leurs jambes de vingt ans, accompagnés du grand orchestre morlaisien de monsieur Andue. Quant aux remarquables bateaux à voiles, ils sont aujourd’hui remplacés par des chalutiers avec des moteurs puissants qui constituent une belle flottille dans le port de Diben. Toujours le progrès. Jeannie Quiguer Vincent RollandDe charron à charpentier de marineNé le 11 janvier 1906, Vincent Rolland est le fils de Vincent Rolland, pêcheur et patron du canot de sauvetage Docteur Com. Scolarisé dans la petite école de Kerenot, il entre à 12 ans en apprentissage chez Alain Prigent à la forge de Kermebel, son père ne voulant pas qu’il embrasse la carrière de marin-pêcheur, métier qui dans les années 20 traverse un profond marasme. Mais le métier de charron ne lui plaisant guère, le jeune Vincent entre, à 14 ans, comme apprenti charpentier de marine chez Pauvy à Carantec. Cependant, les deux années passées aux eux des forges laisseront quelques traces car, durant toute sa carrière, il n’a jamais laissé à d’autres le soin de réaliser les ferrures de ses bateaux et il était fréquent de le rencontrer à la forge où il avait ses entrées. A 18 ans, Vincent embauche au chantier Collet de Locquémeau, qui emploie cinq ou six compagnons. Ses compétences font qu’à peine âgé de 20 ans, il en est le contremaître. Après son service militaire effectué comme charpentier de la flotte à Brest, il ouvre en mars 1927 son chantier sur un terrain familial situé au fond de l’anse de Primel. Pour 3 300 francs – un coût exorbitant comparé au prix d’un bateau de l’époque – il s’équipe d’une scie à ruban aux volants de 70 centimètres de diamètre, mue par un moteur à essence. Dès les débuts, il est aidé d’un apprenti et de Marie Jegaden qu’il épousera en 1931. Elle le secondera au chantier jusqu’en 1935. L’aîné des quatre garçons, Jean, né en 1933, l’accompagne dans un “boutag”, panier en osier rempli de copeaux faisant office de berceau. Ayant repris un apprenti, Vincent Rolland construit des canots de 2,50 mètres à 3,50 mètres et des bateaux de 5 à 6 mètres qui vont naviguer sur le littoral de Sibiril à Saint-Quay-Portrieux (Santec, Plouezoch, Locquirec, Dourduff, Locquémeau, Perros-Guirec, Plouha…). Ayant pour clientèle les hôtels de la région, il leur confectionne périssoires, tables, bancs, portes et pour compléter cette éclectisme exécute quelques bricoles de charpente pour les fermes voisines et la minoterie de Tromelin. En dehors du milieu professionnel de la pêche, Vincent Rolland a pour clientèle des commerçants et bourgeois de la région, Morlaix, Locquirec ou encore Callac. En 1930 le chanier lance douze unités (ont neuf canots) et sept périssoires. Puis la production monte en puissance quant à la taille des bateaux, jusqu’au Volontaire, un chalutier de 20 mètres qui nécessite l’acquisition d’une dégauchisseuse en 1941. Parmi les bateaux lancés durant la guerre, notons : en 1939, le Maryvon pour Jean-Olive Barazer, 6 mètres, équipé d’un moteur de 10 chevaux Couach pour 21 400 francs : l’Hélène pour Joseph Guillesser, 7 mètres équipé d’un Couach de 10 chevaux pour 23 000 francs ; un cotre de 6 mètres pour Louis Tanguy pour 21 500 francs qui, équipé toujours d’un Couach de 10 chevaux, part pour l’Angleterre avec de jeunes résistants. En 1940 sort l’Annik pour Guillaume Postic. Puis en 1941 et 1943, deux des plus imposants, un 13 mètres et un 15 mètres pour Saint-Quay-Portrieux. Toujours en 1943, Louis Tanguy passe commande d’un 6,70 mètres avec un 10 chevaux Couach pour remplacer celui dérobé en 1940 ; un 9,50 mètres motorisé par un Beaudouin de 15 chevaux pour Guillaume Masson ; un bateau ostréicole de sept mètres pour le Morbihan. En 1944 sortent deux palangriers qui exerceront longtemps dans le port de Primel, le Tos Mor de Pierre Réguer - 11 mètres et 14 chevaux Couach – et la Marie-Françoise, de 13,50 mètres, pour son frère Thomas. Sous l’occupation, au vu de « l’évaporation » de certains unités, les Allemands font remonter les bateaux les plus importants sur la grève près du chantier, pour qu’ils soient rendus inaptes à la navigation. L’essence rationnée, seul les plus petits, navigant à la voile, continuent leurs activités (CM 62). Si le chantier manque de travail à cette période, les creux sont comblés en confectionnant des caisses pour l’expédition des coquillages et crustacés. Mais ce charpentier de marine ne renie pas ses premières années d’apprentissage. Bien des années avant de mettre en chantier l’Annik, Vincent Rolland confectionne pour Guillaume Postic une brouette. A l’époque, c’est bien l’outil complémentaire et même indispensable du canot. Jean-René Lamanda
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