La luxuriance de la nature en Guadeloupe, unique département français d'outre mer à posséder un Parc naturel National, est bien connue. Une grande partie des espèces ont été introduite au fil des siècles.
Ce texte est tiré de la Gazette de la Guadeloupe du 6 novembre 1788 (4Mi 98 R1 ADG). Le giroflier (Eugeniaaromatica) est originaire des Moluques (Asie du Sud Est), les colons hollandais ont pendant de nombreuses années sévèrement contrôler la dissémination des plants pour se réserver leur monopole du commerce de l'épice.
Le fameux clou de girofle est en fait le bouton floral du girofle.
C'est en 1605 que le botaniste et aventurier Pierre Poivre parvient à subtiliser des boutures de giroflier, muscade (Myrticia fragrens) et de poivre (Piper sp.). Il les acclimate à l'île Maurice, alors île de France. C'est depuis l'île Maurice que ces espèces ont été introduites à la Réunion, puis aux Antilles. Par quel bâtiment ? Mystère. Orthographe d'époque.
« AVIS DE MM. LES GENERAL ET INTENDANT.
A Messieurs les Cultivateurs de la Colonie.
Un particulier cultivateur revenant des îles de France, annoncé, Messieurs, que les giroflier s'y sont propagé de boutures, ou petites branches qu'on met en terre, & qui reprenne facilement si l'on observe de ne faire cette opération que dans le temps ou la sève commence à monter, d'enfuir ces branches dans de la terre bien défoncée et ammeublée, & d'arroser en cas de sécheresse excessive.---Une telle méthode peut multiplier très rapidement cet arbre, transporté depuis plusieurs années à Cayenne, & qui a été de la récemment envoyé dans les Antilles du vent & sous le vent.
M. Lavoissier, célébre Chymiste de l'Académie des Sciences, vient de publier des épreuves qui constatent la bonne qualité des cloux de girofle récoltez à Cayenne depuis deux ans. Il résulte d'une analyse exacte, & de diverses expériences dont il vient de rendre compte, que ces cloux de girofle sont égaux en qualité, à ceux que fourni le commerce, & que les Hollandois apportent des Moluques.
Nous avons déjà fait paroître dans cette Feuille une instruction sur la culture du canelier, giroflier & muscadier ; ceux qui voudront avoir de plus amples instructions sur les cloux de girofles, qui ont très bien, réussi dans cette île depuis plus de 3 ans qu'ils y sont plantés, peuvent consulter la méthode indiquée dans Herbier de Damboine de Rumphuis, dont voici l'extrait pour la préparation. Dans quelques endroits on jette les girofles recens dans l'eau chaude, ensuite on les mes entre de grande feuilles qu'on pose sur des clayes, où ils sont exposés à la fumée pendant quelques jours & comme étouflés, ce qui leur donne une couleur rousse : plusieurs colons ne les passent point à l'eau, mais les expose à la fumée, ensuite au soleil pour les faires sécher. On connoit qu'ils sont bien desséchés, lorsqu'ils se brisent quand on les presse entre les doigts, & qu'ils rendent du bruit quand on les jette en tas. Ceux qu'on a fait sécher au soleil & à la fumée sans des dessécher, sont de moindres qualités.
Note du rédacteur.
Il y a environ deux ans qu'ayant eu une expérience à faire sur une livre de cloux de girofle qui tombent par accident dans l'eau, & y séjournerent plus d'une heur, nous les mimes sécher au soleil ou ils se fanerent ;quelques-uns furent par hasard recouvert d'une feuille de papier, & nous remarquâmes qu'ils n'avoient point perdu à l'ombre de leur couleur brune primitive, & ils étoient plus odoriférent, ce qui sembleroit prouver qu'il veut mieux les faire sécher à l'ombre qu'au soleil, au reste il est aité de faire l'expérience de ma meilleur méthode sur une petite quantité. »











